A partir d'aujourd'hui, et pour une durée de 6 mois, deux Conseils européens (15-16 oct et 11-12 déc) et les réunions du Conseil de l'UE seront présidés par la France. La perspective suscite un enthousiasme de commande dans les médias (oh ! La tour Eiffel est bleue !), et l'indifférence de la population. Cette dernière a raison. Valéry Giscard d'Estaing, avec sa franchise souvent raffraîchissante, ramène les choses à leur juste proportion :
"Les Français, qui ne sont pas modestes comme vous le savez, croient que la présidence de l'Union consiste à diriger l'Europe. Or l'Europe est dirigée par ses institutions et pendant six mois la France va exercer la présidence de l'une d'entre elles, le Conseil."
Ou plus exactement d'une-et-demi (le Conseil de l'UE, et les Conseils européens). Mais notons que VGE est plus franc que cohérent : c'est lui-même qui en février dernier s'enflammait devant la création par Lisbonne d'un poste de président permanent du Conseil européen :
Il s’agit, en effet, du premier Président stable de l’Union européenne et nous devrions avoir à l’esprit le précédent de George Washington.
Mazette ! En réalité, le chef de l'exécutif européen, avec ou sans Lisbonne, c'est le président de la Commission. La présidence française correspond davantage à une super-présidence de sénat... ou de Bundesrat.
Autant dire donc que les attentes que cherche à susciter le président Sarkozy sont hors de proportion avec les fonctions que lui, et ses ministres, assureront.
Henri Védas