La Haute Cour a rejeté aujourd'hui le recours de l'homme d'affaires pro-référendum Stuart Wheeler (ici, via LSB). Erratum : sur la foi de cet article du Monde, j'avais rapporté la semaine dernière - trop tôt, donc - l'échec de ce recours.
De quoi s'agissait-il ? M. Wheeler (photo) s'explique sur son site :
En janvier 2008, j'ai intenté une action à l'encontre du Premier ministre et du Secrétaire au Foreign Office, dans laquelle de demandais une revue judiciaire de leur refus d'organiser un référendum sur la ratification du Traité de Lisbonne. [...]
Il y a, je crois, deux raisons pour lesquelles il devrait y avoir un référendum :
- Le Parti travailliste, mais aussi les deux autres partis principaux, ont promis sans ambiguïté qu'ils en organiseraient un. Ils devraient tenir leur promesse.
- Le Traité est immensément important et donc, indépendemment de votre opinion sur le traité lui-même, vous devriez pouvoir voter pour ou contre.
Autant dire que ces arguments, parfaitement pertinents politiquement, paraissaient moins solides juridiquement. Si les exécutifs avaient l'obligation juridique de tenir leurs promesses, où irait-on ! Le fait que le recours de M. Wheeler ait même été entendu par la Haute Cour avait été une surprise, et un premier succès.
Le succès a été amplifié par l'épisode embarrassant du Conseil européen de la semaine dernière : Gordon Brown, qui avait tout fait pour pouvoir y annoncer la ratification par son pays, avait été obligé de se dédire. Il avait même encouru les reproches publics et courroucés du magistrat en charge du dossier pour avoir annoncé la ratification au mépris de la procédure en cours.
En poussant Brown à la faute, et à révéler son peu d'égard pour les institutions, le recours de M. Wheeler n'aura pas été vain.
Mais est-ce vraiment la fin de cette saga ? Stuart Wheeler a annoncé son intention de faire a
ppel.
Par ailleurs, un recours à première vue plus solide juridiquement - puisqu'il dénonce l'incompatibilité entre Lisbonne et la constitution allemande - a été déposé en mai devant la Cour constitutionnelle fédérale par le député CSU bavarois Peter Gauweiler (photo).
Add. : commentaire d'Yves Daoudal.