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Rédigé à 12h14 | Lien permanent
... sera-t-il le premier Haut représentant à la politique étrangère, poste créé par le Traité de Lisbonne ? La presse allemande a évoqué l'hypothèse.
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Rédigé à 22h34 | Lien permanent
Ce blog sera mis à jour de manière un peu erratique cette semaine... comme ce fut le cas ces derniers jours. Voici ce que je retiens de l'actualité de ces derniers jours, et les liens permettant d'en savoir plus :
Commission : Tajani désigné aux transports
... et Barrot aux affaires intérieures (EU Observer; LSB - contexte);
Ratifications parlementaires de Lisbonne :
Approbations par les parlements letton et lituanien.
Référendum irlandais :
Les politiciens irlandais semblent avoir renoncé à générer de l'enthousiasme pour Lisbonne, et se contentent d'agiter le spectre de l' "isolement" de leur pays en cas de vote négatif (The Economist).
Cela semble marcher : le oui est en hausse de 3 points dans le dernier sondage, 10 points devant le non (OE, Quatremer, Daoudal).
Référendum(s) danois :
On parle de septembre pour un référendum, voire deux référendums séparés, pour aligner le Danemark sur en matière de "coopération" judiciaire et en matière de défense, voire lui faire adopter l'euro (Politiken, via OE; Quatremer; EU Observer - contexte).
Armée européenne :
Le ministre allemand des affaires étrangères, FW Stenmeier, a appelé à la création d'une "force armée européenne" rendue possible par Lisbonne (FAZ, via Open Europe; EU Observer; d'autres voix allemandes vont dans le même sens, rapporte la Deutsche Welle.)
Réglementation du lobbying :
Les eurodéputés sont tout fiers : ils ont voté un rapport prônant l'enregistrement des 15.000 lobbyistes répertoriés à Bruxelles (EuroNews; EU Observer), surenchérissant sur les propositions de la Commission en la matière.
Il y aurait beaucoup à dire sur le problème du lobbying, à commencer par ceci : il trouve sa source principale dans l'inflation réglementaire de l'UE. Des industries et des entreprises dont la vie ou la mort dépendent de décisions d'un pouvoir bureaucratique vont avoir pour objectif stratégique majeur d'influencer ce pouvoir, directement ou indirectement (indirectement : par exemple par l'achat de médias, comme c'est le cas en France).
Mais répertorier les lobbies pose potentiellement de vrais problèmes touchant à la liberté d'expression et d'association, et à la liberté d'accès aux eurodéputés. Les évêques de la COMECE n'ont valu qu'à la sympathie du PPE de n'être pas comptés comme un lobby (PE).
Bruno Waterfield, du Telegraph, met en cause ce zèle sur les lobbies, diversion par rapport aux graves dysfonctionnements des institutions de l'UE.
Des eurodéputés mis en cause
... par la presse britannique pour des dépenses abusives (EU Referendum; EU Referendum encore).
Turquie dans l'UE
Des députés UMP veulent maintenir un référendum obligatoire sur la Turquie (Le Monde, Quatremer, LSB)
Election du Parlement européen en 2009
Geert Wilders présentera une liste eurosceptique aux Pays-Bas, et va se chercher des alliés au Parlement de Bruxelles/Strasbourg (mais ne veut pas entendre parler "des Mussolinis ou des Le Pen").
Le 9 mai était la "journée de l'Europe"
... dans une indifférence abyssale des Européens (EU Referendum; Daoudal) - ce qui n'empêche pas certains d'évoquer un 9 mai férié.
Bruits de couloir sur la désignation du premier président permanent du Conseil européen
Le blog de The Economist rappelle que ce ne sont jamais les favoris initiaux qui ont été désignés à la tête de la Commission.
L'eurodéputé irlandais (ID) Kathy Sinnot défend le droit des institutions religieuses
... à recruter des employés partageant leurs convictions (Daoudal; LSB). Yves Daoudal nous apprend que Mme Sinnot remplace Jens-Peter Bonde à la co-présidence du groupe ID (l'autre co-président est l'UKIP Nigel Farage).
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Rédigé à 07h50 | Lien permanent
Jean Quatremer rapporte qu'un proche de Sarkozy verrait Barroso - Juncker - Solana (respectivement président du Conseil - président de la Commission - Haut représentant aux Affaires étrangères). L'AFP (sans doute présente au même entretien que le journaliste de Libé) confirme. Le Danois Rasmussen, évoqué naguère pour la présidence du Conseil, viserait le poste de Secrétaire-général de l'OTAN.
HV
Rédigé à 23h35 | Lien permanent
Le chroniqueur Charlemagne écrit cette semaine :
L'idée d'une présidence permanente du Conseil européen a été combattue par beaucoup des plus petits pays membres. Mais maintenant qu'elle est créée, il serait ridicule d'y nommer une figure mineure telle que [le Luxembourgeois] Juncker ou [l'Autrichien] Schüssel. Pour le monde extérieur - l'Inde ou la Chine, par exemple - le président parlera pour l'Europe. Si l'UE veut être un acteur global sérieux, il faut y nommer une personnalité de notoriété mondiale. A moins que Mme Merkel se présente, ce qui est improbable, la seule personne répondant à ce critère, parmi celles qui sont sur les rangs, est M. Blair.
Si les Chinois et les Indiens connaissent un peu le fonctionnement de l'UE, ils vont peut-être penser plutôt que c'est le président de la Commission qui parle pour l' "Europe".
Rédigé à 21h41 | Lien permanent
Bruno Waterfield, du Telegraph de Londres, rapporte que l'on commence, à Bruxelles, à évoquer certains points concrets relatifs à ce poste créé par Lisbonne. Il affirme qu'un "dîner secret", réunissant Barroso et les ambassadeurs des Etats membres, a évoqué mardi soir les questions de son cabinet (de quelle taille sera-t-il, notamment au regard de celui du président de la Commission ?); de sa résidence (aura-t-il un palais l'asseyant sur la scène internationale ?); et un avion de fonction (que Waterfield surnomme, de manière un peu précoce, "Blair Force One").
Margot Wallström dément.
EU Observer confirme que ce genre de questions est dans l'air à Bruxelles, mais rapporte les dénégations de responsables fédéraux :
[P]lusieurs responsables ont écarté la spéculation sur la résidence spéciale ou l'avion présidentiel dont pourrait bénéficier le nouveau président, disant que, quel que s'avère le contenu du poste, ce serait trop "symbolique".
L'optimisme semble en tout cas régner chez les fédéralistes quant à l'adoption de Lisbonne. Comment leur donner tort ?
Rédigé à 15h11 | Lien permanent
On parle de Blair, Rasmussen, Juncker, mais Jean Quatremer évoque sur son blog l'hypothèse que le président de la Commission soit élu au poste-phare créé par Lisbonne.
« Beaucoup d’États membres ne veulent pas d’une personnalité qui ferait de l’ombre au président de la Commission européenne. Ils souhaitent simplement un bon chairman qui ne ferait pas autre chose que l’actuelle présidence tournante de l’Union », m’a confié un diplomate européen. « Et dans ce rôle, Barroso, ancien Premier ministre portugais, ferait parfaitement l’affaire ».
HV
Rédigé à 07h52 | Lien permanent
C'est ce que pense le quotidien pro-UE britannique The Independent, qui consacrait hier un article en forme de questions-réponses à la nouvelle fonction créée par Lisbonne. Extrait :
Tony Blair a-t-il une chance d'être élu ?
Probablement pas. [...]
Qui d'autre est sur les rangs ?Un courant de pensée, à Bruxelle s, estime que Angela Merkel pourrait volontiers échanger le nid de guêpes de la politique allemande contre le nid de frelons de Bruxelles. Si oui, elle serait un excellent choix. Il semble toutefois que la plupart des gouvernements nationaux [...] cherchent à diminuer l'importance du poste en désignant un premier président du conseil relativement inconnu. [...]
Sur qui miser ?
Gardez M. Rasmussen à l'oeil. Les Danois ne sont pas excessivement fédéraux mais sont réputés très honnêtes et de contact facile.
Précisons que la désignation du président se fera à la majorité qualifiée.
Le journal rappelle le peu de pouvoirs réels de la future fonction, que certains appellent un peu vite "Président de l'Europe" :
Le Président n'aurait pas de rôle exécutif, ni de pouvoir de décision. La direction de l'UE au jour-le-jour continuerait à être entre les mains du président de la Commission européenne.
Les fédéralistes espèrent, et les eurosceptiques craignent, que le président du conseil - une sorte de super-porte parole - deviendra à terme une vraie présidence européenne, élue au suffrage direct. D'où l'importance du choix du premier titulaire [...]. Comme la présidence américaine de 1789, le poste sera défini, peut-être pour toujours, par l'éminence de son premier titulaire.
Rien, dans les textes, n'empêche par ailleurs qu'une même personnalité soit simultanément présidente du Conseil et de la Commission - unification que bien des fédéralistes projettent déjà.
Rédigé à 20h51 | Lien permanent
Le blog Croche-Pied rapporte :
Philippe de Schoutheete, diplomate belge influent, révèle la vraie raison de l’opposition de la Belgique à Blair, président du Conseil européen. Les petits États Membres auraient accepté la fin de la rotation de la Présidence du Conseil en échange ‘tacite’ que la Présidence ne soit pas tenue par quelqu’un qui viendrait d’un grand État membre.
Cela paraît plausible.
HV
Rédigé à 21h05 | Lien permanent
C'est l'une des principales zones d'ombre du Traité de Lisbonne : quelle place prendront réellement les deux nouveaux postes de "Haut représentant" chargé de la politique étrangère et, surtout, le Président du Conseil européen (souvent appelé "Président de l'UE") ?
Charlemagne, dans The Economist, se penche cette semaine sur cette dernière fonction, jusqu'ici assurée par le chef de l'exécutif du pays assurant la présidence tournante de l'UE : comment s'harmonisera-t-elle avec le fait que la présidence des conseils des ministres restera, elle, tournante ? On commence par un peu d'histoire :
L'Allemagne a soutenu la présidence permanente [voulue par la France et le Royaume-Uni] en échange d'un accord pour créer un poste de ministre des affaires étrangères de l'UE qui (malgré des réticences françaises et allemandes) représentera les gouvernements nationaux et sera aussi membre de la Commission européenne. Toutefois, les petits pays ont obtenu un accord pour conserver la présidence tournante de six mois. Et le texte décrivant le mandat du président permanent a été dilué, tombant dans le jargon incompréhensible. Son rôle est en conséquence peu clair : sera-t-il un "Monsieur Europe" parcourant le monde, un discret facilitateur bruxellois, ou aura-t-il un rôle uniquement symbolique (les responsables allemands présentent leur propre président comme un modèle possible) ?
Le rôle doit être défini avant que le premier président n'entre en fonctions, le 1er janvier de l'année prochaine si Lisbonne est approuvé selon le calendrier prévu. Mais il est maintenant coincé dans une boucle logique fermée : la nature du poste va déterminer qui y postulera (Tony Blair, par exemple, ne sera pas forcément tenté de s'y présenter s'il ne s'agit que de préparer la salle lors de sommets bruxellois.) Mais inversement, l'identité du premier président déterminera en partie la nature du poste. [...]
[L]es présidences tournantes conserveront jusqu'à 90% de leurs tâches actuelles. Mais elles perdront les 10% les meilleurs [notamment la présidence du Conseil des affaires étrangères, au profit du Haut représentant, NDHV] [...]
Selon un responsable, et aussi incroyable que cela puisse paraître, on commence tout juste à se rendre compte que, alors que les ministres de base continueront à présider les conseils des ministres spécialisés, les chefs de gouvernement n'auront eux plus aucun rôle. Ce n'est pas anodin : les dirigeants politiques des pays titulaires de la présidence tournante n'auront que peu de motivation pour y consacrer leur énergie si c'est leurs seconds couteaux qui en récoltent la gloire (c'est particulièrement vrai dans des gouvernements de coalition).
Résultat : les pays assurant les présidences tournantes de 2009 (Tchèques et Suédois) sont mécontents. Le premier ministre suédois suggère sans rire qu'il "co-préside" avec le président permanent !
Rédigé à 22h37 | Lien permanent