Les Coulisses de Bruxelles : "entre 250.000 et 300.000 "visiteurs uniques" par mois."
Une audience malheureusement méritée, ce blog très partisan comblant en partie le vide abyssal de la couverture francophone des affaires fédérales.
Les Coulisses de Bruxelles : "entre 250.000 et 300.000 "visiteurs uniques" par mois."
Une audience malheureusement méritée, ce blog très partisan comblant en partie le vide abyssal de la couverture francophone des affaires fédérales.
Rédigé à 11h54 | Lien permanent
LA FIN D'UN BLOG : le souvent excellent England Expects a définitivement fermé cette semaine, sur injonction de la bureaucratie du Parlement. L'auteur, employé du parlement au titre du groupe souverainiste ID, contrevenait apparemment aux règles le régissant. Quant à savoir si la loi se serait appliquée avec la même rigueur à un blogueur fédéraliste...
Rédigé à 21h26 | Lien permanent
Le premier chiffre, c'est la part estimée de l'UE dans les lois édictées dans les pays membres (dans certains domaines moins que dans d'autres, certes).
Le deuxième, c'est sa part aux JT de TF1. Et quant à la qualité de cette couverture...
HV
Rédigé à 17h45 | Lien permanent
... s'explique, nous explique le site bakchich.info, citant une note de la représentation permanente française à Bruxelles :
"Sur 1 300 journalistes recensés en 2006 [auprès de l'UE à Bruxelles], on compte seulement 85 Français (parmi lesquels seule une quarantaine est véritablement active), au quatrième rang derrière l’Allemagne qui en compte plus du double, soit 150, et derrière le Royaume-Uni qui en a 120". [...] Ce sont surtout les chaînes de télévision qui les irritent le plus, avec en tout et pour tout, trois correspondants pour France 2, France 3 et France 24. "Mais la chaîne TF1 n’est pas présente, même si LC1 vient d’ouvrir un bureau à Bruxelles". Et de conclure "Il est illusoire de penser qu’on peut depuis Paris assurer une information pertinente sur les affaires européennes".
Mais tout va pour le mieux, puisque la Commission se propose d'assurer elle-même la couverture de son actualité, en consacrant 8 millions d'euros par an (en plus des 10,7 millions finançant EuroNews) à des images proposées gratuitement aux chaînes de télévision - en matière de propagande, on n'est jamais si bien servi que par soi-même !
Rédigé à 21h35 | Lien permanent
Le nouveau président de cette instance consultative, Luc van den Brande, ancien ministre-président de la région belge flamande, s'exprime sur le site fédéraliste Le Taurillon :
L'évolution grâce aux prérogatives attribuées pas le traité de Lisbonne est plus que positive : c'est l'opportunité pour le Comité des Régions de redéfinir son rôle et d'affirmer sa place au sein des institutions européennes. Le traité de Lisbonne reprend le concept selon lequel les responsabilités doivent peser sur plusieurs épaules, et les interactions entre les différents niveaux de gouvernement doivent être encouragées. Le Comité des Régions est particulièrement attaché au principe d'une gouvernance basée sur la mise en réseau, dont les différents partenaires coopèrent sur un pied d'égalité.
Il n'y a qu'une façon de comprendre ce paragraphe : il s'agit pour les régions de coopérer sur un pied d'égalité... avec les Etats, sous le regard supérieur et bienveillant de l'UE ! On voit poindre l'alliance UE/régions (ou devrait-on dire Länder ?) contre les nations.
M. van den Brande a en tout cas la ferme intention de se faire le relais des "messages" de l'UE :
En tant que voix des collectivités locales et régionales européennes, notre institution a pour mission d'expliquer aux citoyens le rôle essentiel que peut jouer l'Europe pour s'attaquer à des problèmes que les pouvoirs locaux, régionaux et nationaux ne peuvent pas résoudre seuls. Il faut donc aller dans les territoires pour communiquer le message de l'UE.
La valeur ajoutée du Comité est dans sa capacité à mobiliser les médias régionaux, relais privilégiés de la diffusion de nos messages.
Ca a le mérite d'être clair.
Add : Michel Janva, sur le Salon Beige, rappelle à titre d'illustration la carte "ethnique" de l'Europe diffusée par les régionalistes de l'Alliance libre européenne, un des europartis financés par l'UE (et allié aux Verts au Parlement de Bruxelles/Strasbourg).
Rédigé à 08h49 | Lien permanent
L'observatoire des médias Acrimed (dont les sympathies vont à la gauche de la gauche) fait ce bilan de manière détaillée, et est très critique.
[D]epuis que le texte en est connu, et particulièrement depuis qu’il a été signé [...], les médias dominants ont dissimulé les enjeux du traité dit « de Lisbonne ».
Le bilan relève entre autres cette perle révélatrice :
Sylvie Pierre-Brossolette professe avec une finesse exemplaire le 16 janvier 2008, sur France Info, qu’il faut laisser aux éditorialistes, quand la raison, dont ils sont eux dotés, l’impose, le soin de trancher à la place des gueux : « Est-ce qu’il ne faut pas violer dès fois les peuples un tout petit peu pour leur bien , on le fait pour d’autres questions ; la peine de mort, on l’a voté dans le dos des gens, ils n’en voulaient pas, l’Europe, c’est un peu pareil. »
Post-démocratie ?
Henri Védas (via Gus)
Rédigé à 20h02 | Lien permanent
La scène, rapportée par un témoin sur le Brussels Journal, s'est passée aujourd'hui, à l'issue du vote du "Parlement européen" sur le traité de Lisbonne.
Le leader [du parti eurosceptique britannique] UKIP Nigel Farage est apparu et a été interviewé par un journaliste freelance. Alors que l'interview se terminait, une dame, appelée Anne-Margrete Wachtmeister, qui est à la tête de l'Unité Audiovisuelle du Parlement (dont la mission officielle est de "fournir des services et des produits aux médias audiovisuels afin de faciliter leur couverture du PE") [a] interpellé le journaliste :
"Vous ne devez pas diffuser cette interview."
"Mais pourquoi ?", a répondu le journaliste, choqué.
"Parce que l'équipe caméra est employée par le Parlement, et ne doit pas être utilisée pour filmer des opposants."
Mme Wachtmeister n'a fait marche arrière que parce qu'une journaliste de la BBC a entendu le dialogue et protesté.
Vous avez dit postdémocratie ?
Rédigé à 22h17 | Lien permanent
Jean Quatremer, le correspondant bruxellois de Libération donne cette info en commentaire de ce post de son blog :
[C]es derniers temps, les plus mauvaises ventes de Libé ont correspondu aux -très rares- "une" consacré à l'Europe. C'est aussi vrai pour mes confrères.
Bizarrement, M. Quatremer en tire la conclusion que la ratification de Lisbonne par la voie parlementaire était légitime. J'y vois plutôt un nouveau signe du manque d'adhésion des Français au projet fédéraliste.
Henri Védas
Rédigé à 08h10 | Lien permanent
Ce blog l'a déjà évoqué : la plupart des sites d' "information" francophones sur l'UE sont contrôlés, par le biais de subventions, par la Commission de l'UE. C'est bien sûr une anomalie : un moyen, pour l'exécutif, d'être à la fois "juge et partie".
Pourtant, la Commission veut aller plus loin, et l'annonce dans un nouveau document (pdf) intitulé "Communiquer sur l'Europe par l'internet". On y lit : "Le moment est venu pour la Commission de lancer une nouvelle stratégie concernant l'internet".
Pourquoi une nouvelle stratégie ? Pour que ne se reproduise pas l'échec du TCE après les référendums de 2005 :
Des études menées en France sur la campagne en ligne à la veille du référendum sur le traité constitutionnel en 2005, par exemple, indiquent que le fait que les classes dirigeantes étaient absentes du débat en ligne pourrait avoir contribué à la victoire du «non».
Le moyen privilégié pour contrôler les débats à l'avenir ? Rien de bien nouveau : continuer à mélanger les genres, en organisant la connivence de sites pro-UE.
[L]a Commission lancera une étude pour déterminer les principaux sites axés sur les affaires européennes et, en vue de conclure des accords de mise en réseau, organisera des réunions régulières entre les parties prenantes et ajoutera des liens sur EUROPA [le site de la Commission, NDHV]
On suivra donc avec attention la liste des sites d'information qui se seront discrédités en contractant des accords avec la Commission.
Henri Védas (via EU Ref)
Rédigé à 17h01 | Lien permanent
Le nouveau correspondant bruxellois (depuis l'été dernier) du prestigieux magazine libéral The Economist est bien loin d'être souverainiste - on perçoit même une inflexion pro-UE de ses analyses par rapport à celles de son prédécesseur.
Mais, sur son blog, il dénonce la décision délibérée (voire revendiqué) de la majorité de la presse pro-UE, en complicité avec les politiques, de voiler la réalité du Traité de Lisbonne. Il affirme que les fédéralistes sont en effet nerveux quant au risque que l'opposition de la population britannique fasse échouer le processus de ratification. Et cette nervosité bruxelloise
... a donné naissance à une sous-catégorie peu reluisante d'articles éditoriaux, incitant les partisans de l'intégration à mentir en prétendant que le nouveau traité est complètement différent de la constitution, et, en fait, à se taire sur cette question jusqu'à après la ratification.
Il donne deux exemple de ce journalisme frelaté : un Maroun Labaki, écrivant dans le quotidien de centre-gauche belge Le Soir que le traité
...doit être ratifié par tous le plus vite possible. Après qu'il sera entré en vigueur [...], il sera toujours temps de débattre.
Deuxième exemple : dans le quotidien de gauche espagnol El Pais, un Lluís Bassets écrit que
... pendant cette période, la discrétion sera cruciale. Les prochains pas devront être faits en silence, comme des enfants marchant en chaussettes dans un jeu de nouvel an.
Pour que les peuples n'entendent pas.
Le correspondant de The Economist est dégoûté, appelant la description du traité par les fédéralistes ("ce n'est pas la Constitution") un "mensonge flagrant".
Certains pourront être troublés de voir des journalistes professionnels parlant comme des politiciens, et appelant à se rendre complice d'une opération de dissimulation. Mais Bruxelles est pleine de gens comme cela.
Le journaliste invite qu'on se mette à sa place : pro-UE, mais honnête.
Imaginez un instant : vous êtes un libéral Britannique favorable à l'appartenance à l'UE et n'ayant rien d'un nationaliste, mais vous trouvez que la manière dont ce traité a été présenté est un exemple déprimant de cynisme [...]. Vous vous sentez bien seul, en ce moment.
Rédigé à 23h28 | Lien permanent