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04 mai 2008

Retour sur la semaine écoulée (une assez mauvaise semaine pour Lisbonne)

J'étais absent pendant une grosse semaine, mais je ne peux pas faire totalement l'impasse de l'actualité pendant cette période - notamment une accumulation de petites contrariétés pour le traité de Lisbonne. 

Dans plusieurs pays, la plus haute cour nationale doit encore se prononcer sur le Traité, ou sur sa ratification par voie parlementaire.

  • En République tchèque, le 24 avril, le sénat a reporté son vote sur le texte, demandant d'abord l'avis de sa cour suprême nationale. EU Observer remarque que c'est une victoire de l'aile eurosceptique du parti conservateur ODS, contre d'autres membres du parti au gouvernement.
  • En Allemagne, le député CSU Peter Gauweiler a confirmé son intention de saisir la haute cour du pays, sans doute dans le courant du mois, au motif que Lisbonne est contraire à la loi fondamentale du pays et aux principes démocratiques (il l'avait déjà fait pour le TCE). Cette action devrait au moins repousser la signature du texte par le président fédéral.
  • Au Royaume-Uni, le recours d'un particulier contre la ratification parlementaire a, à la surprise de beaucoup, été jugée recevable devant la High Court, et devrait être entendu les 9 et 10 juin. La date n'est pas anodine : le vote de la Chambre des Lords devait avoir lieu le 11 (sera-t-il maintenu ?); ah oui, et les Irlandais votent le 12 ! (Conservative Home; EU Referendum).

Puisque l'on parle de l'Irlande : un nouveau sondage y donne un net resserrement du "oui" et du "non" (Yves Daoudal et Open Europe). La diffusion du mel révélant la stratégie méprisante et manipulatrice du gouvernement irlandais aurait-elle fait mauvaise impression ? Signe de nervosité, le premier ministre irlandais commence à menacer des pires catastrophes si le "non" l'emportait (Raffarin avait usé des mêmes méthodes en France en 2005 - avec le succès que l'on sait.)

Enfin, le président polonais Kaczynski a rappelé,  par le biais d'un proche, qu'il a signé la loi de ratification, mais qu'il n'a pas ratifié le traité lui-même
(ce qui n'avait pas échappé à Yves Daoudal).

La messe de Lisbonne pourrait n'être pas encore dite...

Henri Védas