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24 avr. 2008

Remaniement de la Commission : l'hostilité de l'UE aux valeurs traditionnelles

C'était à prévoir : des problèmes techniques m'empêchent de poster depuis lundi, et l'actualité de l'UE semble s'emballer !

J'évoquais dimanche dernier la levée de boucliers préemptive de la gauche pro-gay contre l'intention prêtée à Berlusconi de désigner un eurodéputé PPE plutôt pro-famille, Antonio Tajani, au poste sensible de Commissaire à la Justice. Ce poste devrait être libéré par Franco Frattini, pressenti au gouvernement Berlusconi.

Or ce problème a cette semaine été réglé de la plus simple des manières : Barroso a indiqué avant-hier que si Frattani se retirait, il le remplacerait par le Français Jacques Barrot, un commissaire italien remplaçant alors ce dernier au portefeuille moins sensible des Transports.

Le site semi-officiel pro-UE Toute l'Europe reconnaît la manoeuvre (après, certes, avoir énoncé d'autres "motivations" peu convaincantes pour ce tour de passe-passe) :

L'ultime motivation du président de la Commission serait d'éviter la nomination d'un commissaire controversé. Depuis plusieurs jours, le nom d'Antonio Tajani, leader des députés de Forza Italia au Parlement européen, circule. Cette éventuelle nomination suscite de nombreuses réticences, notamment de la part des [sic] députés européens.

Le rejet par le Parlement européen, en 2004, d'un autre nominé italien Rocco Butiglione, avait fait tremblé [sic] la Commission européenne, menacée d'un vote de censure. Pour éviter qu'une telle situation se reproduise, José Manuel Barroso préfère anticiper et éviter de confier un portefeuille sensible à un personnage controversé.

Jean Quatremer, de Libé, félicite ainsi Barroso :

Quel que soit le futur commissaire italien, ses opinions religieuses et sociétales n'auront aucune importance dans un domaine technique comme les transports. Bien joué, José Manuel!

La leçon de l'épisode est claire : on ne verra plus de commissaire favorable aux valeurs traditionnelles à un portefeuille sensible. La situation devient en cela similaire à celle de la France, où quelqu'un comme Christine Boutin peut à la rigueur être ministre, mais uniquement à un poste où ses options pro-famille sont neutralisées (le Logement). Les portefeuilles des Affaires sociales (Bachelot) ou de la Famille (Morano) sont, eux, confiés à des personnalités pro-gay et pro-avortement.

Henri Védas

Add. : rumeur rapportée par le correspondant de la BBC : Berlusconi aurait envisagé de désigner... Rocco Buttiglione !