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20 avr. 2008

Remplacement de Frattini : vers une nouvelle affaire Buttiglione ?

Franco Frattini, l'actuel commissaire européen à la Justice, est pressenti pour rejoindre le gouvernement Berlusconi, sans doute aux Affaires étrangères. Il devra donc être remplacé à la Commission. Le plus probable est que le futur gouvernement Berlusconi désigne son successeur à ce poste (mais d'autres éventualités ne peuvent être totalement exclues : que cette désignation soit faite par le gouvernement sortant de Romano Prodi; et que Barroso opère un remaniement plus large, où la Justice ne reviendrait plus à l'Italie).

Le poste de la Justice est l'un des plus sensibles de la Commission - pour preuve, l'affaire Buttiglione, où la commission des affaires intérieures du Parlement européen a refusé le premier choix du gouvernement Berlusconi parce qu'il adhérait à titre personnel à une conception traditionnelle de la famille, bien qu'il fît politiquement allégeance au principe de "non-discrimination" à l'encontre 2187des homosexuels.

L'eurodéputé PPE Antonio Taj ani, proche de Berlusconi, est pressenti pour remplacer Frattini. Son score Euro-Fam est de +77, ce qui le classe comme étant plutôt pro-famille (il a notamment voté contre une résolution pro-gay et anti-religieuse en 2006).

Tajani devra être entendu par la commission des affaires intérieures, dont il fait partie. Il y est déjà attendu de pied ferme par les usual suspects pro-gay du Parlement, qui considéraient déjà Frattini comme insuffisamment zélé. La libérale néerlandaise Sophia in't Veld prévient qu'elle veut quelqu'un qui "poussera vigoureusement l'agenda des droits de l'homme" - ce qui signifie d'abord, pour cette initiatrice de la résolution de 2006, et titulaire d'un score Euro-Fam record de -100, l'agenda pro-gay. Des dirigeants du groupe Vert et le très strident leader socialiste Martin Schulz (un vieil ami de Berlusconi !) ont indiqué leur peu d'enthousiasme pour Tajani.

Outre la commission des affaires intérieures, le Parlement votera sur la nomination du successeur de Frattini. Ce vote sera consultatif, mais un vote négatif serait sans doute suffisamment embarrassant pour bloquer une nomination.

Le moment de cette nomination, enfin, la rend plus sensible encore : le lobby gay met une forte pression (voir ici, ou ici) pour obtenir une nouvelle directive "anti-discrimination" faisant la part belle à ses revendications.

Henri Védas