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10 mars 2008

Ratification britannique de Lisbonne : après les Communes, que diront les Lords ?

Les Communes ont donc voté mercredi dernier par 311 voix contre 248 pour rejeter un amendement proposant un référendum de ratification du Traité au Royaume-Uni. Seuls les Conservateurs ont (conformément à leurs engagements de campagne) massivement voté pour cet amendement, les Travaillistes contre (au mépris de leurs engagements), tandis que les Libéraux-démocrates (qui avaient également promis un référendum aux électeurs) se sont abstenus.

Il y a 352 députés Travaillistes et 193 Conservateurs - ces derniers ont donc été rejoints, pour atteindre 248, par des élus de plus petits partis (notamment les autonomistes écossais), mais aussi des Travaillistes défiant Gordon Brown (25 ont franchi le pas), ainsi que des Libéraux-démocrates (13).

Les pro-référendum mettent maintenant leurs maigres espoirs dans la Chambre des Lords, qui doivent approuver la loi de ratification. Le vote d'un amendement pro-référendum obligerait à un jeu de navettes entre les deux chambres, qui pourrait aller jusqu'à retarder la mise en oeuvre du Traité, prévue le 1er janvier 2009.

Certains se veulent optimistes, d'après le Telegraph :

Les Tories [Conservateurs, NDHV], de même que la campagne trans-partisane I Want A Referendum, estiment que l'arithmétique dans la Chambre des Lords pourrait leur être plus favorable qu'aux Communes.

La répartition des pairs est la suivante : 215 Travaillistes, 202 Conservateurs, 201indépendants, 78 Libéraux-démocrates, 26 évêques et 14 "divers" (dont 2 UKIP). Les pro-référendum estiment que si les Travaillistes votent tous contre un référendum, les Conservateurs pour, et les Libéraux-démocrates s'abstiennent, il suffira d'une majorité de 13 pour un référendum parmi les non-affiliés pour que celui-ci soit majoritaire.

Même EU Referendum, souvent pessimiste, estime que le passage d'un amendement pro-référendum aux Lords est possible... à condition que les Libéraux-démocrates se plient bien à la consigne de vote d'abstention que le parti avait fixé aux Communes - mais beaucoup seraient tentés, par europhilie, de voter contre un tel amendement.

Henri Védas