On se prend à espérer, en lisant ce post du correspondant bruxellois du FT. Le journaliste ne craint pas que la crise refroidisse les membres actuels de l'UE, mais plutôt que le manque de soutien de l'UE aux dirigeants élus (menacés par l'establishment laïque) pourrait retirer aux Turcs l'envie de poursuivre leur quête d'adhésion.
L'opinion publique turque est déjà beaucoup moins enthousiaste au sujet de l'UE qu'elle ne l'était au début des négociations, en 2005. Il ne serait pas difficile d'imaginer le soutien populaire s'affaiblir encore davantage si l'UE manquait de donner une réponse ferme aux dernières menaces politiques en Turquie.
Mais peut-être que c'est exactement ce que souhaitent certains dans l'UE ?
Le journaliste, remarquant que la Turquie n'a pas été mentionnée lors des débats sur l'Union pour la Méditerranée au dernier Conseil européen, estime que l'adhésion de la Turquie "n'est plus une cause pour laquelle [les dirigeants de l'UE] sont prêts à se mouiller."
Mais l'enthousiasme des dirigeants de l'UE n'est pas nécessaire à l'adhésion : s'ils ne sont pas prêts à se mouiller en sens inverse, et à risquer une crise pour qu'elles cessent, les négociations d'adhésion, maintenant qu'elles sont lancées, iront sans doute jusqu'au bout.